🇫🇷fr: Quitter l'Adriatique et monter en Bosnie.
Je dois le redire ici, la côte Croate est incroyable, a partir de Split c'est une fine bordure de terre, qui grimpe puis s'effondre. Coincé entre d'un côté la mer intensément bleue, elle a des allures d'immense rivière, la plus grande de toute car elle est contenue entre la côte et les multiples îles qui se succèdent, vertes, les unes derrière les autres.
L'horizon s'étend ainsi sans fin.
De l'autre s'élève d'immense falaise rocheuse, de véritables montagne sur lesquelles bientôt le bus grimpe sur de sinueuses routes.
Finalement on débouche au sommet sur une immense plaine. Cerclée par toujours ces nombreux piques karstiques.
Au milieu, un véritable lac: orange, rouge, jaune et vert formé par les arbres couleurs d'automne.
C'est en naviguant dans ce lac que l'on rejoins la frontière Bosniaque.
Première "réelle" frontière depuis le début du voyage.
On descend du bus, contrôle des passeports.
Les français sont exemptés de visa, je n'aurai pas de joli coup de tampon a ajouter à mon passeport.
On patiente pas loin d'une demi heure a la frontière, un citoyen britannique pose question aux douaniers. Ils pensent qu'ils serait venu mettre le bazar il y a une vingtaine d'années dans le pays. Mais finalement rien, fausse alerte.
On continue notre route vers au loin des montagnes au sommet enneigés.
C'est a leur pied que se situe Mostar.
A l'arrivée, besoin d'acheter une carte sim locale pour avoir internet et faire un retrait de monnaie locale, le Mark convertible Bosniaque (BAM).
Malheureusement, les ATM de Bosnie sont très cher, ils facturent 5€ à 7,5€ le retrait. Heureusement que j'ai pris une carte pour les retraits a l'étranger, sinon ça me coûterait encore plus cher !
Ensuite, Mostar, la belle, paisible et magique Mostar.
Quelle invraisemblable sensation de pouvoir ressentir le douloureux passé de cette ville et de ce pays dans cet endroit si paisible.
Il est facile d'apercevoir les traces de ce passé, nombreuses sont les ruines ainsi que les murs et les portes des maisons encore criblées de balles.
Pourtant aujourd'hui tout est si calme, encore plus en hiver où les touristes sont peu nombreux.
Les ponts de la ville faisant le lien entre les différentes communautés religieuses et ethnique (Catholiques Croates, Musulmans Bosniaque et Orthodoxe Serbes) ont été reconstruits.
Notamment le Stari Most, le plus célèbre d'entre eux.
Ce pont traversant la vieille ville a une forme toute particulière, en arc (Bientôt les photos arriveront, j'attends décembre pour payer l'abonnement me permettant d'en ajouter plus).
La légende veut que l'architecte qui l'a pensé a ensuite pris la fuite, persuadé que le pont allait s'effondrer.
Bien mal lui en a pris, le pont a survécu plusieurs siècles et ne s'est pas effondré pendant les deux guerres mondiales. C'est seulement pendant la guerre civile qu'il a été (difficilement) détruit.
L'ambiance qui se dégage de cette ville est réellement magique.
Les cloches des églises sonnent et sont suivies des appels à la prière diffusés par les muezzins des différentes mosquées avec le renfort de nombreux hauts parleurs installés en haut des minarets.
Les architectures austro-honronroises, soviétiques brutalistes, musulmanes ottoman, orthodoxe et chrétienne se côtoient dans cette ville à taille humaine. Les cimetières des différentes communautés aussi étranges que cela puisse paraître ne font qu'embellir la ville.
D'ailleurs en parlant de cimetière et de Mostar, j'ai un matin commencé mon exploration de la ville en grimpant au-dessus du quartier où se trouvait mon auberge.
J'ai d'abord atteint la principale église orthodoxe de la ville. Celle-ci est en reconstruction (détruite pendant la guerre) toute de béton.
Il n'y avait strictement personne. Je suis d'abord entré et j'ai été rapidement déçu par son intérieur nu, dépouillé, en travaux en somme. C'est déconcertant quand on connaît le goût, encore plus prononcé chez les orthodoxes que chez les catholiques, pour les dorures et le clinquant.
Et encore plus déconcertant car extérieurement l'architecture de l'église est fort agréable, le béton s'accordant tout a fait aux larges dômes et grands espaces vitrés.
Tout ce qui constituait le patrimoine des orthodoxe a été détruit pendant la guerre.
Cependant un escalier métallique en colimaçon permettait d'accéder à un étage supérieur. Là encore, personne.
Mais au milieu des sceaux, pioches, pelles et autres instruments de construction se trouvaient d'autres escaliers, fraîchement installés.
Profitant du fait que le lieu soit désert je les ai gravis et escaliers après escaliers je suis ainsi monté jusqu'au clocher de l'église !
J'ai entrouvert les planches qui barraient l'accès au clocher et j' ai pu observer les cloches de l'église et la superbe vue sur la ville depuis ce sommet.
Ensuite, après être ressorti du bâtiment, j'ai continué à gravir la pente (Mostar et bâti au fond d'une cuvette creusée par la rivière Nereva) jusqu'à une église orthodoxe plus petite et bien plus ancienne, cette dernière ayant survécu aux guerres.
Ensuite j'ai continué plus haut encore, à travers le cimetière de la communauté affilié a cette église.
Les tombes y sont anciennes, elles datent pour les plus anciennes de pars les inscriptions toujours lisible du siècle dernier et sont le tombeau de ceux nés au 19eme siècle.
Probablement que certaines d'entre elles sont encore plus anciennes.
Le cimetière est bâti a flanc de montagne, au milieu de la forêt.
La présence d'arbres en nombre et l'amoncellement de sépultures rend presque inaccessible certaines des stèles.
Mais cela donne a l'endroit une ambiance tout à fait particulière.
Ensuite, j'ai continué de monter, par delà le cimetière.
Un chemin non officiel mais visiblement emprunté se dessine à travers la fin du bois.
Je l'ai suivi, prenant de la hauteur.
Plus l'on monte, plus les arbres se font rares. Bientôt ils disparaissent presque totalement pour laisser place seulement à la roche.
En contrebas du sentier, un canyon. Certaines sépultures du cimetière de trouvant sur le versant opposé se brisent et les ossements tombent dans la rivière 🦴💀🏞️.
J'ai poursuivi ma route, dominant Mostar, prenant une pause lorsque un appel a la prière se faisait entendre dans toute la vallée.
La vue sur la vallée résonnant du nom d'Allah était absolument incroyable.
Ainsi, j'ai continué ma route, dans la roche, sur ce chemin de plus en plus abrupte, la pente a ma droite toujours plus raide.
Au bout d'un moment la voie au milieu des roches disparaissait complètement.
Grâce à la vue satellite de Google maps je pouvais voir qu'un sentier plus visible se trouvait au dessus de moi.
J'étais au deux tiers de la montée, mais constatant la dangerosité du chemin pour poursuivre l'aventure et ne sachant pas exactement où le sentier au-dessus débouchait j'ai renoncé à gravir le mont.
C'est probablement dommage car au sommet se trouvaient deux forts, le plus ancien une ancienne forteresse datant de l'époque austro-hongonroise et le plus récent usé pendant la guerre civile et bâti pendant l'ère yougoslave.
La vue sur la vallée est réputée imprenable depuis ces lieux.
C'est au prix de quelques difficultés et crampes que je suis redescendu, jugeant cela plus prudent car personne ne savait où je me trouvais et je n'étais pas couvert d'une assurance pour ce genre d'expédition.
J'ai passé le reste de l'après midi à errer dans la ville, jusqu'au versant opposé à ma "promenade" du matin.
La se tenait un ancien cimetière, peuplée (si je puis dire) des sépultures des partisans communistes mort pour le contrôle de la ville face aux nazis (je suppose que c'est face aux nazis lors de la seconde guerre mondiale, il me faudra faire des recherches sur cette partie de l'histoire de la ville)
Un point encore sur les cimetières (décidément) de la ville. Ces derniers sont porteurs de la tragique histoire Bosniaque.
En effet, si l'on prête attention aux sépultures musulmane on peut constater qu'elles renferment les dépouilles des musulmans massacrés pendant la guerre civile et les rangées de tombent portent toutes la même date de décès. 1993.
Pour ce qui est du cimetière des partisans, du moins ce qu'il en reste, ce dernier ayant été fortement endommagé par les nazis, on peut constater la jeunesse de la plupart des partisans.
Nombre d'entre eux n'avaient qu'entre 19 et 30 ans lorsque ils sont tombés.
Pour finir la journée je suis allé mangé dans un restaurant, une des spécialités locales : la truite grillée. Directement pêchée dans la Nereva.
Le soir précédent j'avais pu tester le Bosanski lonac, un ragoût de veau et de légumes. Et en dessert un Hurmasice.
On va pas se le cacher, les prix bosniaque sont intéressants. Même dans un restaurant touristique, vous pouvez vous en tirer pour un prix avoisinant les 10€.
C'est ainsi que se termine ma visite de la magnifique Mostar.
C'est avec plaisir que, un jour j'aimerais retourner dans cette ville pour y repasser un bon moment et découvrir ces environs.
Cette ville m'a donné envie d'approfondir ma visite de la Bosnie et au lieu de retourner en Croatie à Dubrovnik, je vais plutôt continuer ma route vers Sarajevo.